Livre et débat d’idées

L’écrivain et chercheur Bachir Kerroumi à l’Alliance française d’Astana (23 octobre 2015)

L’écrivain et chercheur Bachir Kerroumi était à l’Alliance française d’Astana le 23 octobre 2015.

L’Alliance française d’Astana a reçu le 23 octobre dernier l’écrivain et chercheur Bachir Kerroumi. Il a été accueilli par Dinara Orazbayeva, Directrice de l’Alliance et Guillaume Kasperski, Conseiller de coopération et d’action culturelle près l’Ambassade de France au Kazakhstan.

Né en 1959, Bachir Kerroumi est haut fonctionnaire, économiste à la Mairie de Paris, où il est chargé de la prospective, et chercheur associé au Conservatoire des arts et métiers, notamment dans les domaines de l’informatique et du management du handicap. Il a fondé une structure de formation en informatique qui reçoit indifféremment voyants et non-voyants. C’est aussi un passionné de judo ceinture noire troisième dan.

Au cours de sa conférence intitulée "La culture transcende nos existences », il a présenté son livre Le voile rouge paru en 2009 aux prestigieuses éditions Gallimard. L’événement a été très suivi et donné lieu à de nombreuses questions, sur des sujets aussi variés que l’atelier de l’écrivain victime d’un handicap et son accès aux technologies de l’information, la ville natale de l’auteur (Oran, aujourd’hui en Algérie), son patrimoine culturel et littéraire, le culture de l’exil chez les Berbères, Diderot et sa fameuse Lettre sur les aveugles et, enfin, la place de la poésie dans le monde contemporain.

Bachir Kerroumi avait donné une première conférence le 21 octobre à Almaty auprès des élèves de l’Institut Sorbonne-Kazakhstan. Son ouvrage a été traduit en russe avec le soutien de l’Institut français de Moscou et publié aux éditions Eterna. L’auteur a annoncé au public kazakhstanais qu’il envisageait la publication de deux autres volumes.


Quatrième de couverture du Voile rouge :

« Je viens d’un monde où l’adolescence n’existe pas. L’insouciance qui d’habitude protège les enfants d’une réalité âpre nous quittait trop vite. Je l’avais ressenti très tôt peut-être dès l’âge de dix ans dans les regards de mes camarades. Chaque mois qui passait voyait disparaître un peu de l’innocence qui pétillait dans nos yeux. [...] Partir loin très loin, là où nous aurions de quoi manger à tous les repas ; là où nous pourrions mettre des habits propres tous les jours ; là où nous aurions de l’eau à profusion pour nous laver et boire jusqu’à plus soif... » Le narrateur grandit dans un quartier pauvre d’Oran. Il considère qu’il n’a pas d’avenir dans une société où la misère le dispute à la corruption. À quinze ans, prêt à affronter tous les périls, il part pour la France où il vit d’expédients en expédients la vie des sans-papiers. Après deux ans de galère, à un moment où son sort semble s’améliorer, un voile rouge s’abat sur ses yeux. À la cruauté de l’exil s’ajoute celle du handicap, mais une volonté hors du commun, un don inné des mathématiques lui permettront de dépasser la double douleur de la cécité et du rejet par une société trop souvent xénophobe. Il découvre alors la richesse de la littérature, la force de l’amour et se fait l’auteur de son propre destin. Écrit dans une langue simple et nerveuse traversée parfois d’éclairs de poésie

Le voile rouge est un récit brut dont la dureté jamais gratuite reste toujours au plus près d’une humanité profonde.

Liens et repères bibliographiques :

Kerroumi, Bachir. Le voile rouge. Paris : Gallimard, 2009.

Керруми, Башар. Красная пелена. Проза нашего времени. Этерна, 2014.

« Inutile d’assister (portrait). » Libération, 25 avril 2011. http://www.liberation.fr/portrait/2001/04/25/inutile-d-assister_362448.

Дудина, Галина. « Я говорю на том же французском, что и все. » Журнал « Коммерсантъ Власть », 11 mai 2012.

Bachir Kerroumi

Bachir Kerroumi